Les dépendances liées à la cocaïne

  
      Avant d'expliquer le phénomène de dépendance, il me semblait judicieux de nous mettre d'accord sur la définition de ce mots d'un point de vue médicale. Voici la convention de l'organisation mondiale de la santé CIM-10 :

 CRITERES DE LA DEPENDANCE DE L'ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE CIM-10 (1992)
 Certains symptômes du trouble ont persisté au moins un mois ou sont survenus de façon répétée sur une période prolongée.
 Au moins trois des manifestations suivantes sont présentes en même temps au cours de la dernière année :
 1. Désir puissant ou compulsif d'utiliser une substance psychoactive ;
 2. Difficultés à contrôler l'utilisation de la substance (début ou interruption de la consommation au niveau de l'utilisation) ;
 3. Syndrome de sevrage physiologique quand le sujet diminue ou arrête la consommation d'une substance psychoactive, comme   en témoignent la survenue d'un syndrome de sevrage caractéristique de la substance, ou l'utilisation de la même substance (ou d'une substance apparentée) pour soulager ou éviter les symptômes de sevrage ;
 4. Mise en évidence d'une tolérance aux effets de la substance psychoactive : le sujet a besoin d'une quantité plus importante de la substance pour obtenir l'effet désiré ;
 5. Abandon progressif d'autres sources de plaisir et d'intérêt au profit de l'utilisation de la substance psychoactive, et augmentation du temps passé à se procurer la substance, la consommer ou récupérer ses effets ;
 6. Poursuite de la consommation de la substance malgré la survenue de conséquences manifestement nocives.Il est désormais établi que tous les produits qui déclenchent la dépendance chez l'homme (sauf les benzodiazépines) augmentent la libération d'un neuromédiateur, la dopamine, dans une zone précise du cerveau, le noyau accumbens.

La cocaïne contrairement au cannabis, fait partie des drogues à forte dépendance, en effet on parle d'une double dépendance à savoir une dépendance physique et une dépendance psycologique.

  • LA DEPENDANCE PHYSIQUE

Les cellules nerveuses et les substances impliquées dans la dépandance, dans notre cas les neurotransmetteurs dont la cocaïne augmente la production, constituent le circuit de la récompense. Il est composés de deux zones qui communiquent entre elles le noyau accumbens et l'aire tegmentale ventrale.

Localisation du noyau accumbens et de l'aire tegmentale ventrale dans le cerveau


 

      Commençons par un exemple concret : Lorsqu'on a soif, on boit un verre d'eau puis on ressent une sensation de plaisir, de bien-être. Ce phénomène s'explique car notre corps a libéré de la dopamine afin de nous "récompenser" d'avoir subvenu à ses besoins.
C'est a peu près le même processus pour la drogue.

      Nous avons étudié le fonctionnement des synapses avec la cocaïne, le phénomène de dépendance y est intimement lié. En effet la cocaïne bloquant la recapture des neurotransmetteurs, la concentration en neurotransmetteurs augmentent considérablement dans la fente synaptique et donc indirectement dans le cerveau. Les sensations liés à la cocaïne se font alors ressentir, et les sentiment de puissance, d'invincibilité se crés, l'individu baignent alors dans un bien-être totale.
C'est à partir de là que la dépendance se crée, le corps s'habitue à cet excès de dopamine, de sérotonine et de noradrénaline. Le cerveau a alors besoin de cette sur-dose de neurotransmetteurs pour pouvoir créer les sensations de plaisir, de force, d'invincibilité... Sachant que la cocaïne est un simulant artificiel de dopamine, sérotonine et noradrénaline, quand ses effets s'estompent le cerveau se retrouve alors en manque. La quantité naturellement produite par le cerveau devient alors insuffisante pour créer du plaisir, cette production est tellement moindre en comparaison de celle produite par la cocaïne que l'individu est alors plongé dans une dépression, les sentiments d'insécurité, et d'incapacités à réussir quoi que ce soit l'envahissent. Ce malaise est si puissant qu'il poussent la personne maintenant devenu dépendante à consommer encore.
A présent nous savons pourquoi les personnes dépendantes de cocaïne ont ce besoin d'en consommé encore, mais pourquoi ressentent-ils le besoin de consommer plus ?

     Il faut se rappeller que la production de dopamine, de noradrénaline et de sérotonine est augmentée avec la consommation de cocaïne, ces substances sont donc en trop grandes quantités dans les fentes synaptiques. Ainsi pour faire face à cette concentration anormale l'élément post-synaptique cré de nouveaux récepteurs qui seront spécifiques aux neurotransmetteurs présents en trop grande quantité dans la fente synaptique. Il faut savoir que ces neurotransmetteurs ne se cré pas dès la première consommation de cocaïne, mais plutôt en fonction de cette consommation : C'est à dire que plus un individu consommera de cocaïne plus les neurones fabriqueront ces récepteurs. De nouveaux récepteurs étant crés, de nouveau complexes neurotransmetteurs-récepteurs peuvent se former et la concentration dans l'espace inter-synastique diminue. Le problème c'est que les sensations recherchées par la prise de cacaïne sont dûs à cette forte concentration, et en la diminuant les effets de la drogue diminuent avec elle.
Les individus alors accoutumés à un "trip" avec une certaine dose de cocaïne se voient alors obligés d'augmenter leurs doses afin d'obtenir les sensations qu'ils recherchent et qu'ils se pensent avoir besoin de trouver.
Ainsi nous comprennons mieu pourquoi les personnes dépendantes augmentent régulièrement leurs doses.


Première étape, le cerveau cherche à réguler la concentration de la fente synaptique
en créant de nouveaux récepteurs.

 

 


Seconde étape, les neurotransmetteurs en excès se fixent sur les nouveux récepteurs.


Troisième étape, il y a suffisament de nouveaux récepteurs pour acceuillir l'excès de neurotransmetteurs, la concentration de la fente synaptique revient à la normale.



  • LA DEPENDANCE PSYCOLOGIQUE

Nous avons établi dans la partie précédente que les consommateurs de cocaïne ressentent tous les sentiments de puissance physique et morale, la sensation de pouvoir tout accomplir et de réussir tout ce qu'ils entreprennent. C'est cette sensation de toute puissance qui crée cette forte dépendance psycologique, en effet une fois les effets de la cocaïne estompés, une sensation d'infériorité, d'impuissance les envahis. Ils se sentent désemparer et pour la plupart tombent dans une profonde dépression. A leur yeux la seule solution à leurs mal-être est de consommé encore et encore. Mais leur consommation plus régulière et l'augmentation constante des doses de cocaïne durcissent de plus en plus le sentiment d'avoir besoin de cette substance pour vivre. Les rares fois où ils ne sont pas drogués, le manque de sérotononine, de noradrénaline et surtout de dopamine influence tellement négativement leur humeur qu'ils ne peuvent rééllement plus se passer de cocaïne, la consommation devient alors nécessité indiscutable et sans aide extérieurs ils ne peuvent plus s'échapper de cette boucle infernale.

Nous pouvons donc dire que la cocaïne ne fait pas partie des drogues qui rendent dépendante dès la première utilisatons, mais qu'elle fait partie des drogues extrèmement dangeurese pour la santé aussi bien mentale que physique.
Les deux sortes de dépendance qu'elle provoque sont intimement liées et ne peuvennt donc pas être dissociés, c'est pour cela qu'on parle d'une dépendance totale à la cocaïne.

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